
Pipeline commercial : comment éviter le désert pendant les ponts de mai
Hello les loulous,
Pourquoi ton pipe ressemble à un désert le 15 du mois ?
Mai en France, c’est un phénomène fascinant.
Les commerciaux disparaissent plus vite qu’un plateau de raclette dans un séminaire.
Entre le 1er mai, le 8 mai, l’Ascension et la Pentecôte, la moitié du pays est en week-end prolongé permanent.
Et chaque année, j’entends la même phrase :
“De toute façon en mai, personne répond.”
Traduction :
“Je vais ralentir pendant 3 semaines et espérer un miracle fin juin.”
C’est exactement pour ça que certains commerciaux explosent leurs chiffres en mai… pendant que les autres font semblant d’être occupés.
Parce que la vérité, c’est que mai n’est pas un mois mort.
C’est un mois mal géré.
Et si tu sais comment jouer la période entre les ponts, c’est même un terrain de jeu incroyable pour ton pipeline commercial.
Je te partage 3 règles simples pour transformer ce mois chaotique en opportunité commerciale.
1. Fin avril, tu closes ou tu décales
Le premier truc à piger :
mai ne se joue pas en mai.
Mai se joue la dernière semaine d’avril.
Si tu as des deals en négociation le 28 avril, tu closes avant le 1er mai ou tu acceptes qu’ils traînent jusqu’à fin mai minimum.
Pourquoi ?
Parce qu’un deal qui rentre en mai avec trois ponts devant lui, c’est un deal qui va morfler.
Ton prospect sera absent.
Puis son DAF sera absent.
Puis le comité sera incomplet.
Puis quelqu’un dira :
“On se recale après le pont.”
Phrase officiellement sponsorisée par les opportunités qui meurent doucement.
Ce que tu fais concrètement :
Dernière semaine d’avril, tu push fort sur tous tes deals en négociation.
Pas comme un bourrin.
Comme un adulte qui comprend le calendrier.
Exemple :
“[Prénom], avec les ponts de mai qui arrivent, on peut boucler ça cette semaine pour que vous puissiez démarrer début mai ? Qu’est-ce qu’il vous manque pour valider ?”
Ce n’est pas du forcing bullshit.
C’est du pragmatisme.
Tu ne mets pas une fausse urgence.
Tu poses une vraie contrainte de calendrier.
Et ça, un prospect sérieux peut l’entendre.
Si le deal n’est pas prêt, très bien.
Tu décales proprement :
“Très bien, dans ce cas on se recale la semaine du 12 mai, ça vous va ?”
Au moins, tu évites de relancer dans le vide pendant 3 semaines avec ton petit mail triste :
“Je me permets de revenir vers vous…”
Non.
Tu sécurises le prochain pas.
Tu verrouilles une date.
Tu protèges ton pipe.
Exemple réel :
Serge avait 4 deals en négociation fin avril.
Il en a closé 2 le 29 et le 30 avril en poussant fort.
Les 2 autres, il les a décalés proprement sur la semaine du 12 mai.
Résultat :
Son mois de mai était déjà à moitié fait fin avril.
Et il n’a pas perdu son temps à courir après des absents.
Action pragmatique : la dernière semaine d’avril, classe tous tes deals en 3 catégories : à closer maintenant, à décaler proprement, à sortir du pipe. Tout ce qui reste flou va te pourrir le mois.
2. Les ponts sont parfaits pour prospecter
La majorité des commerciaux ralentissent leur prospection commerciale en mai.
Erreur monumentale.
Parce que les ponts créent une situation rare :
moins de concurrence.
Martine, DRH dans une ETI, reçoit normalement 20 sollicitations par semaine.
Pendant les ponts ?
Beaucoup moins.
Pourquoi ?
Parce que les commerciaux sont en RTT, en télétravail mou, ou en train de préparer leur barbecue comme si le pipeline allait se remplir grâce aux merguez.
Et c’est là que toi, tu peux ressortir du bruit.
Pas en spammant plus fort.
En restant actif pendant que les autres s’arrêtent.
Le piège, c’est de croire que “personne ne répond”.
En réalité, tout le monde ne répond pas.
Nuance.
Mais certaines personnes bossent.
Certaines boîtes tournent.
Certains décideurs sont même plus disponibles parce que leur agenda est moins blindé.
Et certains secteurs ne s’arrêtent jamais.
Cible les secteurs qui tournent tout le temps :
- santé ;
- logistique ;
- sécurité ;
- e-commerce ;
- industrie ;
- services essentiels ;
- support client ;
- transport.
Ces secteurs bossent pendant les ponts.
Ils ont des équipes sur le terrain.
Des urgences.
Des opérations à maintenir.
Des sujets à traiter.
Donc si c’est ta cible, tu peux continuer d’appeler normalement.
Et si ce n’est pas ta cible, tu peux au minimum adapter ton approche.
Exemple :
“Je sais que la période est hachée avec les ponts, justement je voulais vous poser une question rapide avant que tout le monde reparte dans le tunnel.”
C’est contextuel.
C’est lucide.
Et ça sonne humain.
Pas comme un script recyclé de janvier.
Résultat :
Si tu continues à prospecter pendant que les autres ralentissent, tu ressors mécaniquement du bruit.
Et dans la prospection, ressortir du bruit, c’est déjà la moitié du taf.
Action pragmatique : pendant les semaines à ponts, ne coupe pas la prospection. Réduis peut-être le volume, mais augmente la précision. Cible les secteurs actifs, les personas présents, et les créneaux moins saturés.
3. Utilise les ponts pour nettoyer ton pipe
Les périodes calmes sont parfaites pour faire ce que les commerciaux repoussent toujours :
Regarder leur pipe en face.
Pas le pipe optimiste.
Pas le pipe “je le sens bien”.
Pas le pipe rempli de deals fantômes qui te donnent l’impression d’avoir une activité.
Le pipe réel.
Celui qui fait un peu mal.
Celui où tu réalises que la moitié de tes opportunités sont là uniquement parce que tu n’as pas eu le courage de les sortir.
Le mois de mai est idéal pour :
- relancer les opportunités en sommeil ;
- clarifier les prochaines étapes ;
- éliminer les faux deals ;
- identifier les vrais décideurs ;
- recaler les cycles sérieux ;
- nettoyer ton CRM ;
- préparer juin proprement.
Exemple classique.
Tu as un deal avec Serge depuis 2 mois.
Chaque call se termine par :
“Je reviens vers vous.”
Spoiler : il ne reviendra jamais.
Il ne revient pas.
Il ne reviendra pas.
Il est peut-être même parti vivre une nouvelle vie avec ton devis dans ses spams.
Le mois de mai est parfait pour faire une relance honnête :
“Serge, je sais que la période est un peu hachée avec les ponts. Est-ce que le sujet est toujours une priorité pour vous ce trimestre ou est-ce qu’on le met de côté pour l’instant ?”
Deux résultats possibles :
Tu avances.
Ou tu nettoies ton pipe.
Dans les deux cas, tu gagnes du temps.
Et surtout, tu arrêtes de te mentir.
Parce qu’un pipeline commercial sain, ce n’est pas un pipeline rempli.
C’est un pipeline lisible.
Un pipe rempli de faux deals, c’est comme un frigo plein de trucs périmés.
Tu crois avoir de quoi manger.
Mais dès que tu ouvres vraiment, ça sent mauvais.
Action pragmatique : pendant les ponts de mai, prends 2 heures pour auditer ton pipe. Pour chaque opportunité, demande-toi : prochaine étape claire ? décideur identifié ? urgence réelle ? date prévue ? Si non, tu clarifies ou tu vires.
4. Pourquoi mai prépare déjà juin et juillet
Le piège de mai, c’est de le considérer comme un mois isolé.
Comme si ce qui se passe en mai restait en mai.
Faux.
Les deals de juin et juillet se construisent souvent pendant les ponts de mai.
Parce que pendant que les autres ralentissent, tu peux :
- ouvrir de nouvelles conversations ;
- réactiver d’anciens prospects ;
- préparer des rendez-vous post-ponts ;
- qualifier plus proprement ;
- reprendre contact avec des comptes oubliés ;
- remettre de l’ordre dans tes priorités.
Le commercial moyen pense :
“Je reprendrai sérieusement après les ponts.”
Le bon commercial pense :
“Je vais profiter des ponts pour avoir une longueur d’avance après les ponts.”
Ce n’est pas la même mentalité.
Et ce ne sont pas les mêmes résultats.
Mai n’est pas un trou dans le calendrier.
C’est une zone de friction.
Et une zone de friction, en vente, c’est toujours une opportunité pour ceux qui savent s’adapter.
Action pragmatique : utilise mai pour booker les créneaux de la reprise. Ne laisse pas juin démarrer avec un agenda vide. Ton futur toi te remerciera. Peut-être même avec émotion.
Conclusion : les ponts ne ralentissent que ceux qui les subissent
Le mois de mai est un révélateur.
Certains commerciaux lèvent le pied.
D’autres accélèrent intelligemment.
Les premiers disent :
“De toute façon personne répond.”
Les seconds comprennent une chose simple :
si tout le monde ralentit, le terrain devient plus libre.
Donc si tu veux optimiser ton mois de mai :
- anticipe les ponts ;
- close ou décale fin avril ;
- prospecte quand les autres s’arrêtent ;
- nettoie ton pipeline commercial sans pitié ;
- prépare juin pendant que les autres attendent juin.
Parce que les ponts ne tuent pas les deals.
Le manque d’anticipation tue les deals.
Mai n’est pas un mois mort.
C’est un mois de tri.
Un mois de préparation.
Un mois où les commerciaux sérieux prennent de l’avance pendant que les touristes prennent des RTT mentaux.
Et ça, peu de commerciaux l’ont compris.
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C’est tout pour cette semaine les loulous.
Prends soin de toi, amuse-toi, dis à tes proches que tu les aimes.
Le reste, c’est que du business.
Votre Ambassadeur Sales,
Enzo
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